Scène IV: Ricardo, Gabriel, Le Noir

Scène IV Ricardo, Gabriel, Le NoirHAUT-DE-FORME: Et oui, une grande victoire pour l’humanité qui, pendant des siècles, vivait dans la terreur du mur, dans la crainte de le voir avancer, dans la hantise d’imaginer ce qui se cachait derrière. L’enfer? Le néant? Des siècles et des siècles de chimères, de frissons, d’espoirs vains. Mais aussi un combat incessant contre cet énigmatique arrière-mur. Contre tout ce fatras métaphysique de transcendances, de divinités, de vies éternelles. Et enfin, nous avons gagné! Avec l’avénement de l’Âge tiède, les hommes ont commencé à oublier l’existence du mur et à ne plus penser à tous ces arrières-mondes. Ce monde-là leur suffisait. Le temps était désormais rythmé par le progrès des droits sociaux, par le développement de la téléphonie mobile, par le calendrier des championnats de football ou de tennis. Oui, cher Gabriel, l’Âge tiède était un véritable âge d’or…